Condom, cathédrale Saint-Pierre

Condom, Condomois, Gascogne

La cathédrale de Condom est un exemple remarquable de l’architecture gothique occitane1 avec une nef unique et large, accostée de chapelles latérales logées entre de puissants contreforts. La voûte y est particulièrement majestueuse avec de grandes clés à l’ornementation riche, liées par des nervures à liernes et tiercerons, caractéristiques des 15e et 16e siècles en Occitanie. Une de ses originalités tient à la grande taille des baies de la nef, caractéristique plus commune au style gothique présent au nord de la France.

Cette unité architecturale, assez rare pour une cathédrale, est due à la durée relativement courte du chantier de construction entre 1507 et 1531, qui s’explique par l’histoire de ce sanctuaire3.

Au commencement du 14e siècle, le pape quercynois Jean XXII (1316-1334) nouvellement installé en Avignon, lança un grand mouvement de démembrement des plus grands diocèses occitans. L’objectif était de mieux contrôler des évêchés moins étendus et prévenir ainsi le développement de l’hérésie. Ainsi, en 1317, le diocèse d’Agen (47) fut amputé des paroisses situées au sud de la Garonne qui formèrent alors le nouveau docèse de condom. Le dernier abbé, Raymond de Goalard fut élu naturellement premier évêque. La mense abbatiale fut partagée pour assurer les revenus du nouvel évêque et des moines qui devinrent chanoines réguliers, et conservèrent la règle de Saint Benoît.

Quelques décennies après, en 1368, la vieille abbatiale romane, devenue cathédrale, menaçait ruine. Cela donna l’occasion de commencer quelques travaux avec l’édification d’une grande chapelle dédiée à la Vierge et placée au chevet de l’actuelle cathédrale. En effet, sa clé de voute porte les armoiries parlantes de l’évêque Bernard Alaman qui occupa le siège entre 1369 et 1401.

On y voit un écu « d’azur (ou de sable?) à l’aile4 d’or, à la bordure dentelée cousue de gueules ». comme toujours dans le cas d’écus monumentaux peints, nous ne pouvons pas être sûrs de la véracité des émaux présents qui ont pu subir des modifications au cours des siècles5

Les origines familiales de ce prélat restent assez obscures et Ludovic Mazéret6 se trompe sûrement quand il en fait un parent du cardinal Louis Alamand qui portait un lion dans ses armes7 ou un fils du lignage d’Allemand du Dauphiné qui donna plusieurs évêques au siège de Grenoble et portait un écu semé de fleurs de lis à la bande brochante.

Le patronyme Alaman8 se rencontre dans plusieurs lignages aristocratiques occitans et nous devons a priori rester prudents sur l’identification de ce prélat. En effet, on trouve au moins deux familles d’Alaman ayant porté des armes parlantes ornées d’une aile.

La première est la famille Alaman originaire d’Albigeois, qui parvint à entrer dans le cercle des familiers des derniers comtes de Toulouse. Charles Higounet leur a consacré une intéressante monographie9 et une partie de leur cartulaire a traversé les siècles10 ce qui demeure assez exceptionnel pour l’aristocratie châtelaine du Moyen-âge. Le personnage principal de cette famille fut Sicard Alaman qui fut bras-droit du dernier comte de Toulouse Raymond VII, qui en fit son lieutenant pour tous ses états en 1242. Cet homme puissant mourut en 1275.

Les sceaux de Sicard Alaman (1246) et de son fils naturel Raymond, chanoine de Rodez (1275) présentent bien une aile mais sans bordure.

Mais plus que l’absence de bordure, qui pourrait ne représenter qu’une simple brisure, c’est la généalogie proposée par Charles Higounet qui nous mène à considérer cette piste comme fausse. En effet, en plus du fait que le prénom Bernard soit complètement absent du corpus anthroponymique de cette famille, nous voyons que la branche principale issue de Sicard s’éteignit rapidement par les mâles en 1280. Quant à la branche cadette créée par Doat II Alaman, le frère de Sicard, nous la suivons pendant le 13e siècle et la première moitié du 14e dans les domaines hérités de Doat I et situés autour de la vallée de la Vère (Cahuzac-sur-Vère, Cestayrols, Villeneuve-sur-Vère, Milhavet, Fayssac…, 81)11. Mais aucune donnée ne permet de faire l’ombre d’un lien avec notre prélat gascon12.

Une plus grande proximité héraldique nous mène vers une autre famille, celle de Pons Alaman, donzel et bayle de Montpellier en 1429, dont une empreinte de sceau est conservée aux archives de la ville de Montpelhier, comme on peut le voir dans l’inventaire sigillographique qu’en fit M. Oudot de Daimville13. En effet, l’écu y porte une aile14 accompagnée d’une bordure non pas dentelée mais engrêlée (voir ci-dessous).

Ce personnage d’extraction bourgeoise, originaire de la ville de Mende (48) en Gévaudan15, semble avoir accédé aux fonctions de bayle de Montpellier grâce à son mariage avec Martone Tinturier, fille du marchand et armateur Isarn Tinturier, bayle de la ville, anobli en 1407.

Le vicomte de Lescure leur consacre une notice généalogique16. Cet auteur y prétend d’ailleurs que Bernard Alaman, évêque de Condom, était bien le fils de Raimond Alaman, notaire épiscopal de Mende et d’Egidie de Moulines, mais sans en donner de preuve claire. toujours d’après cet essai généalogique, Bernard aurait été l’oncle de Pons, le bayle de Montpellier dont on conserve le sceau. La proximité des deux écus pourrait représenter un argument sérieux à apporter à cette identification17.

Le fait que la bordure de notre écu doive être possiblement interprétée comme engrêlée plutôt que dentelée ouvre du coup la perspective d’une relation entre les armoiries de notre évêque de Condom avec celles non identifiées d’un chanoine de la collégiale d’Uzeste (33), située à moins de 80 km au nord18. Pour l’instant nous n’avons trouvé aucune trace d’un éventuel passage de Bernard Alaman dans le collège de chanoine de la localité girondine.

La cathédrale de Jean Marre

En 1506, le vieux clocher de la cathédrale s’effondra, détruisant une partie des voutes, dans un vacarme épouvantable. L’évêque Jean Marre 19 (1496-1521) qui occupait le siège depuis une décennie, décida alors de rebâtir entièrement l’édifice. Un tiers des revenus de l’évêché et le dixième de la mense canoniale furent dédiés au chantier qui devait durer sept ans. La personnalité de l’évêque, bien résolu à mettre les moyens nécessaires à l’édification d’une nouvelle cathédrale, permit au chantier d’avancer assez rapidement. A la mort du prélat en 1521, le sanctuaire était presque achevé.

Ce n’est donc pas étonnant si les armoiries de l’évêque Jean Marre se rencontrent en plusieurs endroits dans l’édifice dont il fut le concepteur. Pour commencer, le portail méridional de style gothique flamboyant comporte un trumeau central orné de l’écu épiscopal timbré de la crosse et de la mitre et soutenu par deux anges ou jeunes valets. La statue qui le dominait a malheureusement disparu et nous pouvons présumer qu’elle représentait peut-être notre évêque.

On peut y observer les armes de Jean Marre qui sont « d’azur à l’agneau d’argent, portant une bannière du même, au manche terminé en croix d’or, accompagné d’une main au naturel et pointant le doigt, issante d’un nuage d’or mouvant du canton senestre ». Comme nous le verrons, certaines représentations figurent l’agneau nimbé d’or ou marchant sur une terrasse de sinople. comme H.Polge20 nous verrions cependant plus un bélier21 parlant qu’un agneau pour blasonner l’écu de cet évêque gascon.

Les émaux de l’écu donnés par M.Durliat22 e L.Mazéret 23 sont ceux qui sont peints sur les écus du prélat présents aux clés de voûte à l’intérieur de la cathédrale et ne sont donc pas forcément authentiques même s’il semblent très probables.

En effet, les armes de Jean Marre ornent en tout quatre clés de voûte. On en trouve trois dans les chapelles latérales et une au centre de la nef, à la clé principale de la cinquième travée. Elles figurent aussi sur deux écussons placés sur les piles de part et d’autre de l’orgue24.

Clé de voûte principale de la 5e travée de la nef.

Ces quatre clés sont exemplaires de la qualité et de la richesse remarquable de la sculpture appliquée à ces éléments architecturaux majeurs de la cathédrale gothique de Condom.

La quasi totalité des voûtes de l’édifice présentent des nervures à liernes et tiercerons, ce qui multiplie le nombre de clés dont un grand nombre porte des décors héraldiques. Cela donne aux voûtes du sanctuaire une admirable beauté.

L’évêque Jean Marre, fondateur de cette nouvelle cathédrale, prit soin cependant de faire figurer aussi le même nombre d’écus aux armes de l’évêché de Condom sur les clés de voûte de l’édifice. Plus que les armes de l’évêché comme personne morale, cette identité héraldique représentait l’évêque comme seigneur spirituel et surtout coseigneur temporel de la ville de Condom.

Ces armoiries représentent un parti d’une crosse épiscopale et d’une clé25, symbole de la part de seigneurie que l’évêque tenait sur la cité épiscopale. Elles apparaissent aux clés de voûte des sixièmes chapelles latérales (nord et sud) ainsi que sur la clé principale de la sixième travée de la nef. L.Mazéret les blasonne « parti d’azur à la crosse d’or et de gueules à la clé d’azur » mais sans donner de source. Les peintures présentes sur les clés de la cathédrale sont pourtant différentes d’un écu à l’autre, ce qui n’aide pas à avoir une interprétation définitive de ces armoiries. Le fait qu’elles contreviennent aux règles du blason (clé d’azur sur champ de gueules) embrouille encore plus le sujet et rend le blasonnement suspect.

Elles sont associées aux armoiries du roi de France, l’autre coseigneur de la ville comme héritier des ducs d’Aquitaine, à la clé principale de la voûte de la troisième travée de la nef. La double domination féodale sur la ville de Condom est ici donc rappelée par l’association des deux écus.

Ce point nous donne l’occasion de rapporter un fait intéressant pour rappeler l’importance de l’héraldique à cette époque. En effet, vers 1509, Jean Marre voulut faire placer les armoiries épiscopales à gauche des armes royales sur les murs des portes de la ville. Les consuls, toujours prompt à faire valoir leurs droits sur l’administration urbaine, s’opposèrent à cela en disant que les murailles avaient été bâties par le seul roi de France. Un arrêt du Parlement de Bordeaux ordonna en 1511 que les armoiries épiscopales fussent bien ajoutées aux entrées de la ville, ce qui mena à des émeutes populaires encouragées par les consuls. Derrière le symbole héraldique, c’était la part de seigneurie de l’évêque qui était visée. Avec le soutien des instance judiciaires, Marre réussit à faire taire la contestation et malgré quelques écus vandalisés, les armes de l’évêque finirent par orner les portes de la ville, au côté des lis capétiens26.

Les armoiries capétiennes sont aussi bien présentes avec huit occurrences en tout, auxquelles s’ajoutent toutes les fleurs de lis isolées ornant une quinzaine de clés secondaires.

Ces écus de France portent « d’azur à trois fleurs de lis d’or » qui représentent les armes des rois depuis Charles V (1338-1364-1380)27. Ils sont majoritairement timbrés de la couronne royale mais les supports sont variables (anges ou chimères). La voûte fut commencé sous le règne de Louis XII (1462-1498-1515) et terminée sous celui de son cousin François 1er (1494-1515-1547).

On peut remarquer aussi à la clé principale de la deuxième travée de la nef, un écu aux armes de la reine Anne de Bretagne (1477-1514), successivement femme de Charles VIII et de Louis XII, portant un « mi-parti d’azur à trois fleurs de lis d’or qui est de France et d’hermine plein, qui est de Bretagne »28

Cette profusion d’héraldique capétienne est cependant révélatrice d’un attachement profond de l’évêque Jean Marre pour les monarques français. A ce propos, nous pouvons signaler que le prélat écrivit en 1509 un opuscule nommé « Instruction au roi Louis XII » dans lequel il exposait à l’attention du souverain, son point de vue sur le gouvernement du royaume et ses conseils en matière de politique extérieure et en particulier, la nécessité d’une nouvelle Croisade 29. Il faut dire aussi, que le soutien royal fut décisif pour affirmer l’élection de Jean Marre sur le siège épiscopal de Condom face aux concurrents nommés par le pape30.

Jean Marre mourut le 13 octobre 1521 à l’âge de 85 ans. Il laissait le souvenir d’un évêque modeste mais combatif, attaché à son diocèse et à ses ouailles contrairement aux prélats contemporains qui vivaient majoritairement dans le luxe des cours royale ou papale. Le marre (bélier) têtu de ses armoiries était d’ailleurs peut-être le symbole visuel de son caractère original.

Il avait été aussi un grand promoteur d’une réforme interne et pacifique du clergé et de l’Eglise, tellement éloignés de la parole chrétienne et de la population, dont l’absence mènera finalement au mouvement de la Réforme et malheureusement aux Guerres de Religion des 16e et 17e siècles. Mais Jean Marre mourut avant la catastrophe et vit sa cathédrale presque achevée. La seule image que nous avons de lui figure dans un manuscrit où il est peint en train de présenter son ouvrage « Instruction au roi Louis XII » au souverain lui-même31. Une pierre tombale fut placée bien postérieurement à sa mort au sol de la deuxième chapelle nord où il avait été enseveli. Elle porte une épitaphe mais aucun signe héraldique.

Hérard de Grossoles de Flamarens (1521-1543)

Après la mort de Jean Marre, le chapitre des chanoines élit comme évêque l’abbé de Simorre, Hérard, fils de Jean de Grossoles, seigneur lomagnol de Flamarens (32), Lachapelle (82) et Mauroux (32), et de Jeanne d’Abzac de La Douze32.

Ce prélat acheva la construction de la cathédrale qu’il consacra le dimanche 15 octobre 1531 devant une foule de plus de 1 500 personnes. De cet événement il nous reste une plaque de marbre placée au-dessus de la porte de la sacristie, sur le mur nord du chœur de la cathédrale.

L’inscription latine énumère les reliques présentes dans le sanctuaire et cite les personnalités ecclésiastiques ou civiles présentes le jour de la consécration devant tout le peuple de Condom33. Au-dessous du texte, un bandeau sculpté représente la Passion encadrée par les figures agenouillées de l’évêque Hérard de Grossoles à gauche et de son frère Antoine de Grossoles, seigneur de Buzet-sur-Baïse (47), à droite. Ces deux personnages sont accompagnés chacun de leur écu à leurs armes : « Ecartelé de gueules au lion d’or issant d’une rivière d’argent, au chef cousu d’azur à trois étoiles d’or qui est de Grossoles ; et tranché d’or et de gueules qui est de Madaillan ».

Heaume et écu d’Antoine de Grossoles, seigneur de Buzet (1531).

Autant que le souvenir de la consécration de la cathédrale, cette plaque apparaît comme un hommage à la gloire du lignage de Grossoles de Flamarens dont les membres et les armoiries sont mis en avant. L’inscription en est d’ailleurs évocatrice et mentionne bien après les dignitaires ecclésiastiques 34 la parentèle d’Hérard : « …Noblibus Ant. de Grossolii, dno de Buzeto dicti Dni consecratoris fratre, Arnaldo de Grossolii, dno de Flammarens, Francisco de Pont-briant, dno de Monteregal Petragorum, dicti dni consecratoris nepotibus…« .

La famille de Grossoles

La famille de Grossoles35 apparaît en Périgord avec le chevalier Raymond qui vivait dans la seconde moitié du 13e siècle. Il épousa Margueritte Vigier, fille et héritière du donzel Pierre Vigier, seigneur de Saint-Rabier (24). Les divers règlements de succession entre leurs enfants nous montrent que leurs domaines, dans la première moitié du 14e siècle, s’étendaient autour de Saint-Rabier (Sainte-Orse, Granges d’Hans, 24) du fait de la part de Marguerite et aussi à Montignac-Lascaux (24) qui pourrait avoir été le berceau du lignage. D’autres alliances avantageuses leur permirent d’acquérir d’autres châteaux et seigneuries en Périgord, mais la branche aînée tomba en quenouille au milieu du 15e siècle avec les quatre filles d’Aymeric Bermond de Grossòles et de Valence de Miramont.

Mais une branche cadette formée par Bernard de Grossoles, petit fils de Raymond, s’était détachée avant 1350 et s’était installée en Lomagne. Cette implantation lointaine, plus de 120 km au sud, pose question. Un élément de réponse pourrait être contenu dans les lettres de rémission dont bénéficia Bernard entre 1347 et 1348 de la part de l’administration capétienne, pour sa participation aux opérations militaires menées en Périgord et Quercy, par Raymond Bernard de Durfort, alors capitaine du parti anglais36.

Sceau de Raymond Bernard de Durfort (Clairambault n°3271, 1353).

Henri Guilhaumon a montré en détail le rôle joué par la famille de Durfort dans la succession du dernier vicomte de Lomagne, Bertrand de Goth, mort en 1324 37. De la double alliance Goth-Durfort entre les deux sœurs de Bertrand de Goth, Régine et Marquise, avec respectivement les frères Bernard de Durfort de Flamarens et Arnaud de Durfort de Lacour 38, ces derniers tenaient plusieurs domaines aux alentours de leur seigneurie lomagnole de Flamarens acquise au milieu du 13e siècle.

Nous pouvons penser sans trop de doutes que Bernard de Grossoles, en sa qualité de cadet, émigra de la seigneurie familiale trop étroite et participa aux chevauchées de Raymond Bernard de Durfort qui lui fit don de quelques fiefs sur les terres de sa famille. En tous cas, nous trouvons les Grossoles à Gensac (82) en 1350, Asques (82) en 1390 et Montgaillard (82) au début du 15e siècle et enfin à Flamarens à partir de 1502 Podèm pensar sens tròp de dobtes que Bernad de Grossòlas, coma capdet, emigrèt de la senhoriá familiala tròp estrecha e participèt a las cavalcadas de Raimond Bernad de Durfòrt que li balhèt qualques fieus sus las tèrras de sa familha. En tot cas, trobam los Grossòlas a Gensac (Gensac, 82) en 1350, Ascas (Asques, 82) en 1390 e Montgalhard (Montgaillard, 82) al debut del sègle 15 e enfin a Flamarens a partir de 1502.39.

Avec le chevalier Bernard de Grossoles40 seigneur de Montgaillard, Gensac, Saint-Martin (cne de Mauroux, 32) et Asques en 1418 et qualifié de nobilis et potens dominus, nous avons la première attestation des armes familiales décrites à partir d’un sceau appendu à une quittance du 10 février 1420 et qui représentaient un lion et un chef chargé de trois étoiles41.

Ces armoiries sont blasonnées tantôt avec un champ d’or et le lion de gueules, tantôt avec un champ de gueules et le lion d’or42. La plus grande part des héraldistes proposent la première version43 mais nous préférons suivre sur ce point l’abbé Monlezun 44 et surtout tenir compte des premières versions colorées arrivées jusqu’à nous.

En effet, en plus des écussons de la plaque de consécration, nous avons la chance de pouvoir observer sur les murs de la 6e chapelle nord de la cathédrale de Condom, les vestiges de la litre funéraire d’Hérard de Grossoles, où quatre grands écus son encore présents. Nous vous présentons ici les deux plus lisibles.

L’observation montre sans aucun doute un champ de gueules et un lion d’or. C’est d’ailleurs bien avec ces émaux que les armes de Jean-Jacques de Grossoles, seigneur d’Asques furent enregistrées dans l’Armorial Général de France au tout début du 18e siècle45.

AGF vol.XIV, Languedoc 1, p.920.

Il nous reste à trouver l’explication de l’écartelé aux armes de Madaillan présent sur les écus d’Hérard et de son frère Antoine de Grossoles, seigneur de Buzet.

Il n’est pas étonnant qu’une famille proche des Durfort, seigneurs de Clermont-Soubeyran (47) et Bajamont (47), représentants de la fine fleur de l’aristocratie agenaise, ait pu s’allier au lignage de Madaillan.

En effet, ce lignage de premier plan46, connu dès la fin du 11e siècle, tenait les seigneuries proches de Cancon (47), Monviel (47), Sainte-Livrade (47) en partie etc… A la fin du 13e siècle, Amalric de Madaillan épousait d’ailleurs Cécile de Durfort qui paraît avoir été la propre sœur de Raymond Bernard, le capitaine de Bernard de Grossoles47. la famille de Grossoles appartenant à la mouvance des barons de Durfort, a probablement trouvé par le biais d’une alliance hypergamique avec la maison voisine de Madaillan, un moyen de se hausser encore plus dans l’aristocratie locale et acquérir ainsi de nouveaux domaines.

C’est ainsi que nous voyons en 1471, Jean de Grossoles, le père de notre évêque, qualifié de seigneur de Montastruc (47), qui prête serment au roi de France pour la Tour de Madaillan, située à Sainte-Livrade, et qui représente le chef-lieu de la seigneurie de Montastruc, héritée donc des barons de Cancon 48. L’alliance avec les Madaillan a dû se faire probablement à la génération précédente, donc au commencement du 15e siècle49, mais nous voyons que plus de cent ans après, cette union prestigieuse était encore rappelée dans les armoiries du lignage.

Encore au tout début du 18e siècle, l’écartelé des Grossoles et des Madaillan figurait dans les armoiries déclarées pour la constitution du volume XIII de l’Armorial Général de France de d’Hoziers, comme on peut l’observer à la page 359.

L’évêque Hérard de Grossoles mourut en 1543 et fut enterré dans la sixième chapelle septentrionale, dite chapelle des Quarante Martyrs, qui porte les trace des écus de sa litre funéraire. On peut y voir aussi une épitaphe qui rappelle la sépulture du prélat.

Antoine de Cous (1616-1633)

Les murs de la même chapelle des Quarante Martyrs présentent au-dessous de la litre funéraire d’Hérard de Grossoles, celle d’un autre évêque de Condom, d’origine limousine : Antoine de Cous50

Ce personnage, originaire de Treignac (19) au Pays d’Uzerche (19), succéda à son oncle maternel Jean du Chemin qui resta évêque de 1581 à 1615. A cette époque, le népotisme était la norme, en particulier pour les offices ecclésiastiques51. Jean du Chemin était fils de Guy du Chemin52 et de Jeanne de Comborn, de l’illustre lignée des vicomtes de Comborn. Sa sœur Marie, épousa Philippe de Cous, d’une famille bourgeoise ou de petite noblesse de robe de Treignac53.

Antoine leur fils, après ses études de droit et de théologie à Bordeaux (33), vint auprès de son oncle à condom à l’âge de seize ans54. Il fut conseiller-clerc, chanoine, prévôt, vicaire-général puis coadjuteur, fonction qui lui permit de seconder son oncle l’évêque Jean, dans la gestion du diocèse. A la mort de ce dernier, le 30 juillet 1615, Antoine se pressa de retourner à condom pour lui succéder sur le siège épiscopal.

Son long épiscopat fut marqué par les reconstructions des sanctuaires détruits pendant les Guerres de religion. Il sut aussi à son tour faire bénéficier son lignage des offices et des revenus de son église en nommant ses neveux Antoine de cous grand-archidiacre et Jean de Cous comme prévôt. Il acquit aussi des biens fonciers à Condom qui passèrent à ses héritiers55. il mourut de maladie au château de Cassaigne (32) le 15 février 1648 à l’âge de 91 ans. il fut enseveli près de la sacristie, dans la chapelle où peuvent se voir les vestiges de sa litre funéraire56.

Une quinzaine d’écus sont encore visibles. timbrés de la crosse et de la mitre épiscopales, ils portent « d’or au lion passant de gueules, au chef d’azur chargé de deux colombes d’argent« 57

La famille de Cous

Plusieurs familles de Cous sont connues en Bas-Limousin entre les 16e et 18e siècles et l’héraldique nous permet heureusement de les distinguer en partie.

La plus anciennement connue, celle de Cous de Châtenet, est attestée au début du 14e siècle dans les environs de Lubersac (19) et portait « d’argent à trois fasces d’azur à une bande de gueules brochante ». L’abbé Nadaud 58 e,n donne quelques degrés de généalogie et d’intéressante notes attestant de l’ancienneté du lignage59. Mais même si Lubersac ne se trouve qu’à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Treignac, aucun élément ne relie cette famille chevaleresque au lignage d’Antoine de Cous.

Celui-ci semble effectivement d’extraction plus modeste et bien plus récente dans son apparition dans les sources écrites. En effet, Noulens60 nous rapporte que le père de notre évêque, Philippe de Cous, seigneur de Cous et du Trombel61 était notaire royal à Treignac. C’est probablement sont mariage avec Marie du Chemin, fille d’une Comborn, qui éleva le rang de sa famille. D’ailleurs, le lion passant de gueules sur champ d’or n’est pas sans rappeler certaines versions anciennes des armoiries du grand lignage vicomtal limousin, comme celles des Comborn, seigneurs de Confolens, peintes dans l’armorial de Gilles Le Bouvier, au folio 116v62

Armes des Comborn de Confolent dans l’armorial Le Bouvier (1454-1458) f°116v.

Même si un éventuel emprunt du lion passant de Comborn par la famille de cous n’est qu’une hypothèse fragile, nous rappelons que cet usage n’était pas rare, comme nous l’avions observé à Noailles (19) avec les armes des Felip de Saint Viance qui avaient probablement récupéré les trois étoiles ou molettes du vieil écu des Malafayde de qui ils étaient issus63.

Si nous consultons les différentes sources héraldiques qui mentionnent les armes de la famille de Cous, on peut constater qu’elles ne connurent pas une grande stabilité. En effet, Jougla de Morenas, comme Rietstap et son continuateur Rolland les blasonnent « d’or au lion de gueules, au chef d’azur chargé de deux colombes ou tourterelles d’argent ». Rolland ajoute, s’appuyant sur des fers à dorer les reliures datant du 17e siècle, que les oiseaux étaient becqués et membrés de gueules64. Nous voyons que ces trois blasonnements, hormis la posture du lion, sont identiques à l’écu peint sur la litre funéraire d’Antoine de Cous.

Par contre, l’abbé érudit limousin André Lecler (1843-1920) qui publia l’oeuvre de Nadaud et le Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne, laissa l’ensemble de ses notes aux archives départementales de ce département et en particulier des fiches héraldiques conservées sous les cotes 13F15-1865. Nous y lisons deux items consacrés à notre lignage. Le premier66 au nom de (de) Cous du Monteil, commune de Treignac avec le blasonnement « d’azur à la fasce d’or accompagnée de deux colombes d’argent en chef et d’un lion léopardé d’or en pointe » et le second67 au nom de (de ou des) Coux, Bas-Limousin, blasonnées « d’azur à la fasce d’or chargée de trois croisettes de gueules, accompagnées de deux tourterelles d’argent en chef et d’un léopard d’or en pointe ».

C’est ce dernier écu qui peut encore s’observer sur un vitrail d’une chapelle privée de limoges (87), daté du commencement du 20e siècle, comme le signale Jacques Jalouneix dans son Armorial général du Limousin68 pour donner les armes de Mgr Albert Gilbert, évêque du Mans (1849-1898), fils de N.de Cous de Monteil 69. Les trois croisettes représentaient probablement d’ailleurs une brisure.

Si les armoiries présentes sur les murs de la cathédrale de Condom paraissent les plus anciennes et authentiques, les armes de Cous durent probablement évoluer postérieurement vers celles mentionnées par Lecler et attestées au 20e siècle à Limoges. Nous ne connaissons pas les raisons ni les circonstances de ces évolutions.

Pour finir d’embrouiller l’histoire héraldique de la famille de Cous de Treignac, nous trouvons dans l’Armorial Général de France d’Hoziers (1697-1709), deux membres du lignage qui déclarèrent des armoiries présentant un écu « d’or au lion de sinople »70. En l’absence totale de données généalogiques, il est pour l’heure délicat d’expliquer ces changements d’identité héraldique que nous ne pouvons pas imputer semble-t-il, aux commis d’Hoziers qui pouvaient quelquefois se tromper ou plus souvent inventer des armoiries pour composer l’armorial71.

Louis de Milon (1693-1734)

Notre visite héraldique de la cathédrale de Condom se poursuit en évoquant le tombeau de l’évêque Louis de Milon que l’on peut observer sur le sol de la première chapelle septentrionale.

Sur la plaque de marbre rose, on peut lire l’épitaphe « HIC JACET REVER[ENDUS] ET ILL[USTRUS] DO[MI]NUS LUDOVIC[US] DE MILO EPIS[COPUS] CONDOM[ENSIS] AN[NO] 1694 LIOC SEMINARIUM IN QUO SEPULCRUM ELEGIT AEDIFICABAT AN[NO] 1723 AN[NO] AUTEM 1734 IN VILLA CASSANIAE OBIIT. ». Cette inscription nous rappelle que cet évêque mourut en 1734 au château épiscopal de Cassaignes et fut enterré dans l’église du séminaire de condom qu’il avait fondé en 1723. La pierre tombale que nous voyons dans la cathédrale y a été placée par les soins de l’abbé Gissot, archiprêtre de Condom en 1913, avec les restes de l’ancien évêque.

Elle porte les armoiries du prélat gravées dans un écu timbré de la crosse, de la mitre et du chapeau épiscopaux. cet écu se retrouve dans l’Armorial Général de France où l’évêque Louis de Milon fit enregistrer ses armes au commencement du 18e siècle.

AGF vol.XIII Guyenne, p.117.

Elles se blasonnent « de gueules à la fasce d’or chargé d’une merlette de sable et accompagnée de trois croissants d’argent. ». Mais en tant que chanoine du chapitre de Saint Martin de Tours, le même Louis de Milon fit enregistrer des armoiries un peu différentes : « de gueules à la fasce d’or chargée d’une merlette de sable et accompagnée de trois croissants d’or. ».

AGF vol.XXXIII Tours 1 p.251.

Ce dernier blasonnement est plus conforme à la majorité des armes enregistrées par les membres de la famille auprès de l’administration royale72. Seul un cousin de Louis, César Milon, prieur curé de Benais (37) et religieux dans l’ordre de Saint Augustin déclara aussi les trois croissants d’argent 73. Il est difficile de savoir s’il s’agissait d’une brisure ou d’une erreur d’enregistrement dans l’armorial ou encore d’une fantaisie personnelle.

La famille Milon apparaît dans la première moitié du 14e siècle avec Jean Milon, Prévôt de Paris entre 1330 et 1334. La Chesnaye Desbois en donne une filiation partielle jusqu’au 18e siècle74. Issue de la noblesse de robe parisienne au service des rois de France, elle essaima en Touraine et Berry.

Notre évêque s’investit beaucoup dans son diocèse et, en plus du séminaire qu’évoque son épitaphe, il fut à l’origine de la création d’un grand hôpital pour accueillir les malades et les indigents à partir de 1694. L.Mazéret donne le détail de son long passage sur le siège épiscopal de Condom75.

Nous terminerons en signalant la présence d’un écu portant les armoiries du Saint Siège, sculpté sur la clé de voute de la seconde travée de la troisième chapelle nord de la cathédrale.

Comme souvent dans les cathédrales, notre étude héraldique nous a permis de retracer de grands pans d’histoire locale. Les évêques dont on trouve des vestiges de présence héraldique furent tous des personnages attachés et investis dans leur diocèse, contrairement à nombre de prélats qui se contentaient d’en percevoir les revenus sans y résider. c’est justement pour cela qu’ils nous ont laissé ces traces de leur passage, qui représentent des témoins importants des siècles passés.

Olivier Daillut-Calvignac

  1. Cette forme architecturale est appelée « gothique méridional » dans l’historiographie de langue française
  2. [Nous appuierons notre description architecturale du bâtiment sur les écrits de M.Durliat, La cathédrale et le cloître de Condom, in Congrès Archéologique de France, 128e session – Gascogne 1970 p.145-163 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32096799/f147.item.r=Mazeret%20chroniques%20%C3%A9glise%20de%20condom# et de L.Mazéret, Chronique de l’église de Condom, Condom, 1927. /efn_note]

    De l’abbaye à la cathédrale

    En effet, la cathédrale Saint-Pierre est bâtie à l’emplacement d’une ancienne église abbatiale bénédictine, fondée probablement au début du 9e siècle. Un édifice de style roman y fut bâti aux 11e et 12e siècles et devait être admirable si l’on en croit une chronique en langue française du 16e siècle qui prétend que cette église était « une des belles de Gascoigne »2Durliat, p.147 d’après l’abat S. Daugé, Vestiges archéologiques romans de Condom, Auch, 1935.

  3. Ce meuble héraldique qui se blasonne normalement comme un demi-vol (oc. mièg-vòl, cat. mig vol, cast. medio vuelo, it. semivolo (veire A. Bertero, Diccionari eraudic illustrat occitan-francés, 2018 p.82) a presque toujours une valeur parlante dans l’héraldique occitane (voir nos articles sur la Tour d’Arlet à Caussade http://eraldica-occitana.com/caucada-tor-darlet/ ou la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue http://eraldica-occitana.com/vilafranca-de-roergue-chartrosa-sant-salvador/. Les familles Alaman, d’Aleyrac, Alette, de Dieupentale… en sont quelques exemples remarquables.) et devrait donc être blasonnée simplement comme une aile à chaque fois que ce caractère parlant ou allusif est avéré.
  4. Nous pensons en particulier au gueules de la bordure qui nous semble peut-être douteux car les bordures cousues sont assez rares en héraldique purement médiévale.
  5. op. cit. p.141.
  6. Voir M.Popoff, Armorial des papes et des cardinaux, Le léopard d’or, 2016, p.532 n°583.
  7. C’était aussi un prénom en usage dans l’aristocratie occitane des 12e et 13e siècles.
  8. Higounet Charles. Les Alaman seigneurs bastidors et péagers du XIIIe siècle. In: Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 68, N°34-35, 1956. pp. 227-253.
  9. E.Cabié e L.Mazens, Un cartulaire et divers actes des Alaman, des de Lautrec et des de Lévis (XIIIe-XIVe siècles), Toulouse, 1882.
  10. En 1261, les fils de Doat II, Doat III Alaman et Sicard Alaman de Durfort prêtèrent serment au comte de Toulouse Alphonse de Poitiers pour les fiefs qu’ils tenaient de lui en Albigeois. Un autre fils, Raymond est attesté en 1275 dans le cartulaire familial. pour le 14e siècle, nous rencontrons le donzel Doat Alaman de Cestayrols (1303 et 1316), Guillaume Alaman, seigneur de Villeneuve, chevalier et troubadour connu par une tenson (1304-1333) et un autre troubadour contemporain (v.1330) : Arnaud Alaman (Sur ces poètes, voir JB.Noulet, Guillaume d’Alaman chevalier, dins Mémoires de l’Académie des Sciences de Toulouse, 1852, p.404-408, e JB.Noulet&C.Chabaneau, Deux manuscrits provençaux du XIVe siècle, 1888 consultable sur https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111615s/f21.image.r=Alaman?rk=278971;2
  11. Cette brancha a pu cependant avoir une descendance à Toulouse où un lignage d’Alaman portait d’après Jougla de Morenas (Grand armorial de France, T.1, p135) e Rietstap (Armorial Général, T.1, 1884) « d’azur au demi-vol d’argent ».
  12. M. Oudot de Daimville, Sceaux conservés dans les archives de la ville de Montpellier, Montpellier, 1952, p.164.
  13. Oudot de Daimville, probablement peu sensibilisé à notre langue y a vu la silhouette d’un mouton !
  14. Son père, Barthélémy Alaman était notaire épiscopal de Mende dans la seconde moitié du 14e siècle, donc du temps de notre évêque. La famille d’Alaman de Mende donna plusieurs consuls à la ville durant le 14e siècle, voir Ch.Porée, Le consulat et l’administration municipale de Mende, Paris, 1901.
  15. Vcte de Lescure, Armorial du Gévaudan, Lyon, 1929, p.271-273.
  16. Le vicomte de Lescure donne pour armes à ce lignage « d’or à l’aigle de sable armé de gueules » en s’appuyant sur un quartier de l’écartelé des armes de la famille Maillan qui finit par hériter du château de La Caze (Laval-de-Tarn, 48) bâti par les Alaman à partir de 1489. Son hypothèse s’avère donc erronée.
  17. Cet écu est placé sur un pilier de la voute du choeur de la collégiale.
  18. L.Mazéret nous apprend (op.cit. p.161) que ce personnage était natif de Simorre en Astarac (32) et fils d’un marchand drapier nommé Dominique Marre qui le poussa vers les études et la cléricature. Pour plus d’informations sur ce personnage, nous envoyons le lecteur vers l’article de P. Rouleau, Jean Marre évêque de Condom, paru dans la Revue de Gascogne, 1930.
  19. H.Polge, Notes de phonétique gasconne in Bull. Société archéologique… du Gers, 1964 n°3, p.316
  20. Le mot marre se trouve en gascon mais est aussi présente en languedocien pour désigner un bélier, mâle de la brebis. Les formes marran et marro peuvent aussi se rencontrer localement.
  21. op.cit. p.155. Cet auteur omet par contre de blasonner la main issante du nuage.
  22. op. cit. p.464.
  23. Cette partie n’est malheureusement pas accessible à la visite.
  24. Sur les quatre représentations présentes dans la cathédrale, la clé est figurée trois fois contournée.
  25. Sur cet épisode, voir P. Rouleau, op. cit. 1930 n°2 p.56-57.
  26. Les trois fleurs de lis remplacent pour la première fois le semé de fleurs de lis sur un sceau de ce roi à partir de 1376.
  27. Si L.Mazéret (op.cit. p.464) reprend à son compte le fait que Jean Marre aurait été au service de cette reine à la mort de son premier mari, le roi Charles VIII, P.Rouleau a montré que cette assertion était douteuse et sans fondement dans les sources historiues. Voir P. Rouleau, Jean Marre évêque de Condom (1436-1521), Revue de Gascogne, 1930 n°1, p.23.
  28. P. Rouleau, op. cit., 1930 n°2 p.65 et seq.
  29. idem, 1930 n°1, p.17 et seq.
  30. Voir la copie présente dans l’article de P. Rouleau publié dans la Revue de Gascogne op. cit. 1930 n°1 entre las paginas 8 e 9 consultable sus Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5743401h/f9.image.r=Jean%20Marre?rk=64378;0
  31. Nous trouvons les prénoms d’Agnès ou Anne dans la généalogie donnée pour cette famille du Périgord par E.Pattou consultable sur http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Abzac_de_La_Douze.pdf mais bien Jeanne partout ailleurs.
  32. L.Mazéret en donne la transcription in extenso et une traduction en français dans ses Chroniques de l’Eglise de Condom, op. cit., p.191-192.
  33. … presentibus ibidem reverendis patribus Dis Joanne de golardo, Ludovico de Arzaco, Joanne de Godas de Simora, de Ponte Alto et de Bouilhas abbatibus, L.Mazéret, op. cit p.192.
  34. La majeure partie de nos informations sont tirées du Père Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France…, t.IX, p.384 et seq.
  35. Ces lettres sont mentionnées par le Père Anselme, op. cit. p.386 et une d’entre elles apparaît dans le registre JJ76 6453 f°182v du Trésor de Chartes aux AN. (juin 1347).
  36. H.Guilhaumon, La maison de Durfort au Moyen-âge, 1976, p.189-202.
  37. idem p.197.
  38. A. Dupuy, Dictionnaire des communes, anciennes communes ou paroisses, seigneuries et terroirs de Lomagne, Les Cahiers de Lomagne, 2003.
  39. Le Père Anselme en fait un fils de Bernard 1er dont nous avons déjà parlé. Il apparaît dans la documentation en 1390 soit plus de 40 ans après la lettre de rémission accordée à Bernard 1er. Il pourrait donc peut-être être un petit-fils du fondateur de la lignée lomagnole.
  40. Père Anselme, op. cit. p.387 mais sans source. Ce sceau est absent des inventaires de Douët d’Arcq, Demay-Clairambault, Roman-Cabinet des Titres.
  41. Nous ne savons pas si la rivière d’argent est venue postérieurement ou si la description du sceau est erronée.
  42. Rietstap, Armorial général, Froidefond, Armorial du Périgord, de Cauna, Armorial des Landes, Potier de Courcy, Armorial de Bretagne eca…
  43. Histoire et Armorial de Gascogne.
  44. Cet écu est cependant peut-être erroné, en figurant le lion couronné et en oubliant la rivière d’où devrait sortir l’animal. A moins que ce ne soit une brisure portée par une branche cadette du lignage.
  45. Sur l’histoire complète de ces seigneurs, voir M.Campagne, Histoire de la maison de Madaillan (1076-1900), Bergerac, 1900.
  46. M.Campagne propose effectivement de la voir comme une fille d’Arnaud de Durfort et de Marquise de Goth, parents de notre capitaine « anglais », op. cit. p.51.
  47. M.Campagne, op. cit. p.3-4.
  48. Les noms des deux épouses successives de Bernard II de Grossoles sont effectivement inconnus, ce qui laisse la place à cette hypothèse généalogique.
  49. On trouve les formes de Cous, Coues, Coux. Le toponyme occitan Cols (Cous, Coux, Coulx, Choulx…) issu du latin colis se rencontre surtout en Limousin, Marche et Périgord et désigne une friche – A.Perrier, Quelques termes de géographie agraire in Norois, avril-juin 1964, n°42, p.218
  50. D’après Léonce Couture, Trois poètes condomois du XVIe siècle, Slatkine, 1971, p.18, Jean du Chemin était lui-même entré comme chanoine du chapitre de Condom par l’entremise d’un oncle maternel, grand vicaire de cette église sous l’évêque Robert de Gontaud-Biron (1564-1569).
  51. La famille du Chemin tirait peut-être son nom du lieu-dit Chemin dans la paroisse d’Affieux (19), voisine de Treignac.
  52. La Chesnaye Desbois, Dictionnaire de la Noblesse, vol.4, c.839.
  53. La carrière ecclésiastique d’Antoine de Cous est écrite en détail par L.Mazéret, op.cit. p.294-312.
  54. Le séminaire de condom fut bâti à partir de 1723 sur une terre achetée à françoise de Cous, veuve d’Antoine de Pardaillan, et qui avait appartenue à l’évêque. Voir L.Mazéret, op. cit. p.382. Noulens fait de cette françoise une nièce du prélat Documents historiques sur la maison de Galard, Paris, 1874, T.3 p.383.
  55. Nous trouvons une description complète de ses obsèques, très intéressante pour connaître les usages de l’époque, dans J.Noulens, Documents historiques sur la maison de Galard, Paris, 1874, T.3 p.384-386 en nòta.
  56. La dégradation des couleurs d’origine donne l’impression d’un chef d’argent à deux oiseaux de sable.
  57. Abbé J.Nadaud, Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, 2e éd. Limoges, 1882, T.1, p.455-457.
  58. Celle-ci pourrait probablement être avancée au 12e siècle si nous faisons d’Etienne de Cous, donateur en 1144 à l’abbaye d’Uzerche, un ancêtre du lignage. Le fait que sa donation ait été attestée par les chevaliers Gouffier de Lubersac, Géraud et Gui de Lastours du château voisin de pompadour (Arnac-Pompadour, 19), pourrait en représenter un bon indice. J.Nadaud, op. cit., T.3, p.609.
  59. J.Noulens, op. cit., T.3 p.383 en nòta.
  60. Lieux non identifiés mais probablement proches de Treignac.
  61. Les armes des Comborn de Treignac présentaient plutôt deux lions passant d’or sur champ de gueules.
  62. http://eraldica-occitana.com/noalhas-gleisa-parroquiala/
  63. Toutes ces informations sont données à partir des données du site http://www.euraldic.com/lasu/am/am_c_ou.html aux lignes Coues et Cous. On peut se demander cependant comment Rolland peut blasonner les becs et pates des oiseaux à partir de fers à dorures par nature monochromes ?
  64. Voir le Fichier héraldiqueCatalogue des armoiries figurant dans l’armorial de Poncet, le nobiliaire de Simon Descoutures, le fonds Lecler et le nobiliaire de Nadaud, publié en 2014 par Claudine Gourinal des Archives départementales de la Haute-Vienne et consultable sur leur site.
  65. 13 F 15 p.285.
  66. 13 F 16 p.308.
  67. J.Jalouneix, Armorial général du Limousin du XIIe au XXIe siècle, Thèse de doctorat, Ecole pratique des hautes études, 2012, T.2 p.195 d’après Boulaud, Armoiries sur vitraux en Limousin, p.18.
  68. Probablement Le Monteil, cne de Treignac.
  69. Même si ces écus furent enregistrés dans le volume XXXII consacré au Soissonnais, l’identification de ces deux personnages avec des membres du lignage limousin ne fait pas de doute (ils auraient dû être enregistrés dans le volume XVI relatif à la généralité de Limoges). En effet, le premier, Jean est déclaré seigneur de Monteil et bourgeois de Treignac, et le second dont on ne connaît pas le prénom, est présenté curé de Saint-Hilaire-les-Courbes (19) à 8 km au nord de Treignac.
  70. Sur ce sujet, lire notre article sur les armoiries du village de Saint-Sauveur (31) sur http://eraldica-occitana.com/les-armoiries-de-saint-sauveur-31/
  71. Nous avons la chance de disposer en tout des armoiries des parents de Louis et de ses deux frères, ainsi que celles de ses quatre cousins. Deux filles du lignage y apparaissent aussi mais nous ne connaissons pas leur place au sein de la généalogie familiale. Voir AGF vol.V Bourges p.281 ; vol.XXIII Paris 1, p.996 ; vol.XXIV Paris 2, p.1213, 1370, 1400, 2161, 2207 ; vol.XXXIII Tours 1, p.135
  72. AGF vol.XXXIII Tours 1, p.124, 135.
  73. Dictionnaire de la noblesse…, Paris, 1775, Tome X p.138-140
  74. op. cit. p.380-385.

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